Message trompeur sur la dette et irréalisme de la gauche
Promis, je n'en parle plus (ou seulement si ils m'énervent vraiment) après ce billet.
A la suite de l'annonce des excédents budgétaires, ce qui veut dire en bon français que l'on a eu plus de recettes que prévues et moins de dépenses que prévues, mais que la balance est toujours négatives, nous avons droit à un certain nombre de messages, de la droite comme de la gauche.
A droite, nous avons droit au message trompeur (voir, si toujours dispo, l'article dans la tribune) : "Thierry Breton devrait annoncer demain que la dette publique s'élève à 63,3% du PIB cette année, contre 64,6% annoncé initialement." Je sais bien que je m'adresse à des gens intelligents (vous savez lire donc vous pouvez vous instruire) mais combien vont tomber dans le panneau en pensant que cela veut dire que la dette diminue ?
Alors qu'en fait, c'est tout simplement le PIB qui augmente plus vite que n'augmente la dette. Cela veut dire que nous sommes toujours en deficit, et que le gouvernement nous mène en bateau en annonçant de possible réductions d'impôt en 2007. Car pour financer la réduction des impôts tout en réduisant encore le déficit, il faudra dépenser encore moins que ce qui serait nécessaire pour la réduction seule. Ors réduire les dépenses est extrèmement difficile pour l'état français.
Au moins, la droite montre un souci certain des problèmes de financement, même si la prochaine année électorale fait vaciller cette orientation.
Mais que dire de l'irréalisme de la gauche, qui demande à ce que la "cagnotte" soit redistribuée aux plus pauvres ... Et vu que l'on parle de moindre déficit, qui demande que l'on fasse des cadeaux avec de l'argent que l'on n'a pas. Au mieux, nous avons affaires à de doux réveurs qui ne sont plus en prise avec la réalité, au pire à des manipulateurs populistes.
Dans tout ce qui entoure ce sujet, il y a trois choses qui me dérangent:
- la manipulation des faits et des chiffres (voir leur occultation complète dans le cas de la gauche) pour atteindre un objectif final qui est le pouvoir.
- l'oubli par certain qu'un financement sain est l'assurance d'une continuité dans notre société. Ceux qui se disent que c'est l'Etat et donc que nous pouvons dépenser sans souci n'ont jamais vu des coupures de budgets dans des instituts publics de recherche mettant par terre des projets de recherche fondamentale dans lesquels de nombreuses personnes avaient investi de nombreuses années et qui auraient pu avoir un impact majeur sur notre société. S'endetter, c'est bien quand il s'agit d'investir, pas pour financer le quotidien.
- l'attitude de certains disant que de toutes façons, on pourra toujours éviter de rembourser et que cet argent est celui de grosses compagnies internationales faisant des profits anormaux et les réinvestissant dans la dette étatique et que ce sera "bien fait" pour elles. Pour moi, cette attitude nous mène à un état tolérant l'injustice, injustice envers des "gros" mais injustice quand même, et injustice qui pourrai justifier les comportements injustes de ces mêmes "gros".
Teorem
mardi 26 septembre 2006 à 22:06




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