Hier au soir, j'ai assisté au dernier opus des conférences de l'IE-Club, dont le sujet était le Consumer Software ou, plus exactement, ces entrepreneurs qui essaient de créer des éditeurs de logiciels en France. Elle était organisée par Julien Codorniou avec l'aide du MondeInformatique.fr et, du choix des intervenants à l'animation des débats, c'était une conférence de très bonne facture. Vu que le sujet était les logiciels s'adressant au grand public, je portais un t-shirt de circonstance affichant la phrase "It must be user error."

Je ne ferai pas un compte-rendu complet, vous en trouverez certainement chez d'autres, mais je vais lister les choses qui m'ont un tant soit peu marqué.

Marc Jalabert (Microsoft) a fait une introduction en regrettant qu'en France l'industrie des services informatiques soit plus développée que les éditeurs de logiciels. Il m'a surpris aussi en disant qu'avec les 3 rachats récents opérés en France, dont Musiwave (salut Charly !), Microsoft instituait un centre d'ingénierie (R&D) français. Moi qui croyait que Redmond voulait toujours tout rapatrier, me voilà bien surpris. C'est une bonne nouvelle si jamais il y a fusion entre Yahoo et Microsoft. Les Kelkoos de Grenoble continueront peut-être à exister.

LeMondeInformatique.fr a fait une présentation sur la vente des logiciels dans le monde et a surtout annoncé le nouveau modèle économique de NetVibes: faire sponsoriser des widgets par des annonceurs. Ils vont toujours vendre du service B2B mais ils comptent sur la mise en avant rémunérée des widgets pour exploser. Encore un modèle pub, donc. Et vous devinez sans doute ce que j'en pense.

L'interview du patron de GOTO Software, 26 ans à la tête de sa boîte, était propre à nourrir l'inspiration. Je retiendrai une simple chose qui peut expliquer l'aversion des français pour le métier d'éditeur de logiciels: quand on a une killer app, comme les coûts restent fixes, c'est l'eldorado. Le problème, c'est que fabriquer une killer app, c'est très risqué.

Le panel suivant regroupait Adrien Touati, qui est le créateur de FreeAngel, le logiciel de contrôle parental fourni par Free (très bien, je l'ai installé, c'est ce qu'il vous faut pour vos enfants), Nicolas Rose (VC), Gilles Ridel (patron de NextWay, plateforme de téléchargement de logiciels) et Gonzague de Valois (VP de GameLoft). Après coup, la présentation de Gameloft m'a interpelée: 96M d'euros de chiffre d'affaire et 4000 employés. Yahoo fait 60 (soixante !) fois plus de chiffre pour seulement 3 (trois !) fois plus d'employés. Cherchez l'erreur. Il n'empêche que Mr Valois a été gentil de répondre à ma question sur la problématique des plateformes pour lesquelles créer du logiciel. Tous les intervenants m'ont répondu: cherchez la raison économique. Dans le cas d'un  portage vers une plateforme supplémentaire, c'est tout simplement la comparaison du coût par rapport à ce que cela va rapporter qui décidera. Dans le cas du contrôle parental, c'est l'administration qui a indiqué la liste des plateformes obligatoires, donc pour avoir accès au marché, il fallait en passer par là.

Pour finir, Pascal Daloz (VP Dassault System) nous a fait une présentation très impressionnante des technologies et de la stratégie de DS dans la 3D, le web et l'aide aux entreprises pour mieux intégrer les utilisateurs dans leur process de conception de produit, la modélisation 3D étant un langage commun à des intervenants très différents. Il nous a parlé notamment de 3Dvia.com, le Flickr des modèles 3D, mais aussi de 3DCollage, une application Facebook permettant de créer avec des modèles 3D (bien mieux que FunWall selon moi). Ces deux applications sont un moyen d'introduire un peu plus de 3D dans la vie des internautes et de leur donner un nouveau moyen d'expression.

En dehors de la conférence, j'ai pu discuter avec David Berrebi de chez Kewego. Je dois avouer que les boîtes qui bâtissent un business autour de la vidéo m'impressionnent. Les challenges techniques sont super intéressants, mais surtout les investissement que cela implique sont ... effrayants. J'ai pu discuter aussi avec Adrien Touati (FreeAngel). Je dois avouer que j'ai une grande envie de pouvoir mettre mon nez dans ce qu'il fait ... techniquement. Le côté moteur de recherche de BabyGo est évidemment pour moi quelque chose de connu et d'attirant, mais j'imagine que les technos de machine learning (sujet auquel je m'intéresse en ce moment) pourraient s'appliquer à la problématique du filtrage. Et le fait que le logiciel est installé sur la machine de mes enfants redouble mon intérêt.

J'ai aussi appris que le mot anglais networking se traduisait en français par réseautage. Je ne sais pas pourquoi ce mot me frappe et me fait sourire en même temps.