J'ai participé hier au premier SeedCamp parisien en tant que mentor. L'idée est de proposer à des jeunes entrepreneurs (jeune en terme de création de boîtes) une journée de coaching par des mentors expérimentés dans le domaine de la création d'entreprise (VC, sérial entrepreneur, business développeur de grosse boîte). J'ai été invité au titre de créateur de Kelkoo et expert technologie. L'autre aspect est bien sûr de faire du networking (je n'aime définitivement pas le mot réseautage), d'abord pour les startups présentes, profitant de la présence de personnes intéressantes à connaître, ensuite pour les mentors eux-mêmes, le network existant devant s'entretenir.
Ce SeedCamp proposait aussi un panel au sujet de l'entrepreunariat, et la discussion a fait ressortir quelques pistes de réflexion pour tout ceux qui baignent dans ce milieu.
Jean Schmitt (VC,Sofinnova) nous a fait remarqué que, maintenant, pour être considéré comme successful, vous devez gagnez des centaines de millions de dollars, alors qu'une dizaine suffisait il y a 20 ans. Cela veut dire que vous devez grossir et le seul bon moyen d'y parvenir, c'est de faire le mécano et de ne pas avoir peur de partager, de fusionner avec d'autres pour être plus fort. Si je ramène cela à ma propre expérience, c'est exactement ce que nous avons fait chez Kelkoo, nous sommes allés chercher des partenaires, nous avons fusionner avec d'autres boîtes et sommes devenus réellement un grand en Europe, aussi bien en couverture qu'en chiffre d'affaires.
Autre chose intéressante, tout entrepreneur devra penser à mettre en place plusieurs business models au cours du temps, tout en sachant garder le focus sur son domaine de business (exemple de Screentonic, donné par Didier Kuhn). Dominique Vidal (ex-Kelkoo, ex-Yahoo, VC Index Ventures) a renforcé cette idée en ajoutant que tous les 6 mois, votre compagnie sera une nouvelle compagnie.
Le thème du choix du VC a aussi été abordé. Pensez non-seulement à l'argent qu'il apporte, à la valorisation de votre sociéte auquelle cela correspond, mais aussi à ce qu'ils peuvent apporter en terme d'expérience et de réseau (Gilles Babinet, Musiwave). Pour Fred Destin (VC, Atlas Ventures), c'est aussi une question de passion car le VC devra aider et accompagner l'entreprise dans les moments difficiles.
L'ensemble des intervenants ont aussi émis un avertissement. Soyez sûr, en tant qu'entrepreneur, que vous connaissez vos limites et que vous êtes en adéquation avec la stratégie que vous poussez pour votre entreprise. Si ce n'est pas le cas, acceptez dès le départ que vous ne serez plus le boss à partir d'un certain moment. Par exemple, en 2001-2002, chez Kelkoo, la question a été franchement posée sur la pertinence de garder Pierre à la tête de la boîte pour son développement Européen, et nous lui avons tous renouvelé notre confiance. En 2000, Mauricio, Christophe et moi avons accepté que Jean-Marc Potdevin devienne notre chef car nous savions qu'il serait bien plus capable que nous d'organiser l'engineering de Kelkoo, afin de fournir ce qui nous était demandé par le business. Dans le premier chapitre de la bible de l'APCE sur la création d'entreprise, il est recommandé à l'entrepreneur de faire un bilan non seulement sur lui, mais aussi sur son entourage en regard de son projet pour être sûr qu'il doit effectivement se lancer.
Autre avertissement pour les sites à tendance communautaire sur le challenge du marketing : Fred Destin (VC, Atlas) nous fait remarquer que les gros (dailymotion, youtube et autres ) ont gagné des utilisateurs avant d'utiliser le marketing viral. Dans la salle, Mike Butcher (TechCrunch UK) vous recommande de dire sur un blog ce que vous faites, ce que vous ajoutez, car il regarde tous ces blogs et même un petit ajout peut faire une bonne histoire et donc peut apporter un bon marketing. Il a écrit un article sur la journée SeedCamp.
Une dernière chose que tous les VCs ont recommandé: si vous avez un bon projet, ne passez pas par la case Business Angel, allez voir directement un VC et evitez de diluer votre capital trop vite. En fait, on en revient au problème de bien choisir ses investisseurs. Il est toujours préférable d'en avoir peu mais qui supportent l'ambition du projet, et ne demandent pas un retour sur investissement trop rapide par rapport à la montée en puissance du projet.
Pour ma part, j'ai eu des discussions intéressantes, rencontré des entrepreneurs toujours motivés et je me suis aperçu que je pouvais sans doute leur apporter quelque chose. Si j'en ai la possibilité, je participerai sans doute à de prochains SeedCamps.