Réflexion candide sur l’abstention et les bulletins blancs
Hier matin, France Info annonçait 19,5% d’abstention pour le deuxième tour (soit un peu en dessous de 9 millions de personnes) et, parmi eux, 2 millions ont réellement voté, mais ils ont voté blanc (seulement 750 000 votes blancs au premier tour). C’était suffisamment important pour que les médias en parlent (du moins durant une journée).
Avant les élections, j’avais discuté avec différentes personnes sur la problématique de l’abstention et de ce qui la motive. J’avais lu aussi un certain nombre d’articles de blogs expliquant les raisons d’une décision d’abstention. Les arguments qui revenaient régulièrement étaient un manque d’appétence pour les candidats en lice et la non-reconnaissance du bulletin blanc comme moyen d’expression (apparenté à une abstention alors que les personnes sont allées voter et se sont donc exprimées).
Cette idée que le bulletin blanc représente quelque chose de particulier en a amené certains à se constituer en association. Au moins, les chiffres sont disponibles et il est déjà possible de distinguer ce qui est abstention et ce qui est vote blanc. Maintenant, la grande question est de deviner quel sens donner à une abstention ou à un vote blanc.
Car si l’on réfléchit candidement à ce qu’est une élection, la seule chose qui me vient à l’esprit est une décision.
L’élection n’est pas une expression de nos opinions, même si celles-ci sont en grande partie à la base de la décision que nous prenons. Une opinion exprimée, on en tient compte … ou non. Exprimer ses opinions nous permet d’influer sur les choix des autres, concitoyens ou élus. Quand vient le moment de voter, il est trop tard (ou trop tôt) pour exprimer une opinion. C’est le moment de faire un choix. Que notre choix ait été celui de la majorité (même relative) ou non, si nous voulons exprimer nos opinions sur les idées et les actions d’un élu (ou promesses d’un candidat), il faut le faire avant d’aller voter pour que cela ait un effet.
Pour ce qui est de l’appétence pour les candidats, faire un choix, ce n’est pas forcément décider quelle est la solution parfaite, mais c’est parfois décider quelle est la moins mauvaise. Pour cela, il est nécessaire d’être informé, de comprendre les tenants et aboutissants du choix que l’on nous demande de faire. En l’absence de possibilité d’annulation de l’élection pour cause d’abstention, le seul sens que je puisse donner à un vote blanc ou à une abstention, c’est reconnaître que l’on est incompétent pour prendre une décision et que l’on s’en remet aux autres pour le faire à sa place.
Si vous avez voté blanc ou si vous vous êtes abstenu pour une autre raison, soyez assuré que je ne l’ai pas comprise (pas plus que nos élus qui ne se prendront pas la tête pour la comprendre).
Mais rien n’est perdu. Il est encore temps de vous exprimer et de communiquer vos raisons, vos idées et vos solutions avant la prochaine élection. Même si cela ne touche qu’une personne et la fait changer d’avis, vous aurez eu plus d’impact qu’en votant blanc ou en vous abstenant Dimanche dernier.



